
Acheter une propriété dans le but de la revendre dans 5 ans ou dans 25 ans, ce n’est pas une nuance : ce sont deux stratégies différentes.
Lorsqu’on achète à court terme, il faut choisir autrement que lorsqu’on achète à long terme. Ces 5 points vous guideront dans votre réflexion :
1. Les rénovations n’ont pas le même objectif
Acheter pour 5 ans pousse à rénover pour plaire au plus grand nombre. Acheter pour 25 ans permet de rénover pour mieux vivre, même si certains choix sont plus personnels.
À court terme, les rénovations visent surtout à augmenter la valeur de revente et l’attrait visuel, en misant sur des choix neutres et actuels. À long terme, elles servent davantage à améliorer le confort et l’usage quotidien de la propriété.
Le problème survient quand on investit massivement comme si on restait longtemps… tout en planifiant vendre rapidement. Dans ce cas, certaines dépenses deviennent difficiles à rentabiliser lors de la revente.
2. Le type de propriété n’est pas le même
À court terme, on privilégie préférablement :
• emplacement populaire
• entretien minimal
• revente facile
Dans une optique de revente rapide, la propriété doit plaire au plus grand nombre et répondre à des critères largement recherchés. Plus une propriété est simple à comprendre et à entretenir, plus elle se revend facilement, même dans un marché moins favorable.
À long terme, les critères changent :
• possibilités d’adaptation (famille, télétravail, vieillissement)
• qualité du terrain et du voisinage
Lorsqu’on prévoit rester longtemps, la propriété devient un milieu de vie plutôt qu’un simple actif. La capacité d’adaptation de l’espace et la qualité de l’environnement prennent alors une importance beaucoup plus grande que la popularité immédiate du secteur.
3. Les compromis ne vieillissent pas tous bien
Certains compromis semblent mineurs au départ :
• peu de rangement
• absence de cour
• bruit ambiant
À court terme, ces éléments peuvent paraître tolérables, surtout lorsqu’un acheteur est motivé par un coup de cœur ou par la rareté du marché. Toutefois, ce qui est acceptable pour quelques années devient souvent lourd à vivre au quotidien avec le temps.
Beaucoup de reventes précoces viennent de compromis mal évalués au départ, qui finissent par nuire à la qualité de vie plus qu’anticipé.
4. L’emplacement prend toute son importance à long terme
Sur un horizon de 25 ans, ce ne sont pas seulement la ville ou le quartier qui comptent, mais :
• la rue
• l’ensoleillement
• les nuisances sonores réelles
• l’évolution probable du secteur
Ces éléments déterminent si une propriété restera agréable avec le temps!
5. La stratégie financière évolue aussi
À court terme, on cherche souvent la liquidité et la flexibilité.
À long terme, on doit penser :
• entretien cumulatif
• mises aux normes futures
• capacité d’adaptation sans devoir vendre
Un projet à long terme implique d’anticiper les coûts qui s’accumulent avec les années et les besoins futurs. La planification financière devient alors un outil pour éviter les décisions précipitées.
Une propriété durablement habitable est souvent plus rentable, même si elle coûte un peu plus au départ, puisqu’elle réduit les frais liés aux déménagements et aux reventes successives.
Le rôle-conseil du courtier : aligner le choix avec l’horizon réel
Le courtier agit souvent comme un filtre entre les intentions de l’acheteur et la réalité du marché. Son rôle est d’éviter les incohérences qui peuvent coûter cher à moyen ou long terme.
• aider l’acheteur à clarifier son horizon réel (et non souhaité)
• expliquer comment certains choix affecteront la revente ou la longévité
• proposer des options cohérentes avec le projet de vie, pas seulement avec le budget
En conclusion, de mauvaises décisions immobilières peuvent venir d’un flou sur l’horizon du projet. Clarifier si l’achat est transitoire ou durable change profondément la façon d’acheter… et les résultats qui en découlent.